Notes & Coulisses

NOTES & COULISSES

J’y partage des fragments de travail, des réflexions d’écriture et des moments de création.
Un carnet ouvert sur les projets, les silences, et ce qui se construit entre deux versions.

Adapter un livre au cinéma
Adapter un livre au cinéma, ce n’est pas traduire une histoire. C’est accepter d’en perdre une partie. Quand on écrit un roman, on peut rester longtemps dans la tête d’un personnage. Explorer ses souvenirs, ses pensées, ses contradictions. On a le temps. On peut expliquer. On peut contourner. On peut revenir en arrière. Le cinéma ne permet pas ça. Le cinéma demande des actes. Très vite, on se heurte à une réalité simple : tout ce qui fonctionne dans un livre ne fonctionne pas à l’écran. Et inversement. Dans un roman, une phrase peut suffire à bouleverser un chapitre entier. Dans un film, cette même phrase doit devenir un regard, un déplacement, un silence, parfois une absence. Adapter, c’est faire ce passage-là. Quitter l’intérieur pour entrer dans le visible. Quand je travaille sur une adaptation, je commence toujours par une question très simple : Qu’est-ce que cette histoire raconte vraiment ? Pas le résumé. Pas les événements. Le cœur. Souvent, il tient en une tension intime : un l
18 février 2026
Écrire le silence
Il y a toujours un moment, dans un projet, où l’on comprend que le cœur de l’histoire n’est pas ce qui se dit. Mais ce qui se tait. Je m’en rends compte presque à chaque scénario, à chaque roman : les personnages parlent beaucoup, agissent, se débattent… et pourtant, ce sont leurs silences qui racontent le plus. Le silence n’est pas une absence. C’est une matière. Dans À distance, il s’agit d’une mère qui choisit de s’effacer pour protéger son fils. Dans Pourtant c’était ma mère, ce sont des décennies de non-dits familiaux qui refont surface à travers la maladie. Dans Version Officielle, le silence devient même un outil politique — une façon d’organiser le réel. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le secret spectaculaire. C’est le petit renoncement quotidien. La phrase qu’on ne prononce pas. Le geste qu’on retient. La vérité qu’on repousse à plus tard. Souvent, mes personnages croient bien faire. Ils pensent protéger. Ils pensent éviter la violence. Ils pensent préserver un équilibre frag
18 février 2026
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